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Thierry Hirondelle - Une ballade en forêt

Thierry HirondelleUne balade en forêt, ce fut le thème de la journée.
Rendez-vous chez Steph pour commencer. Un petit café, bavardages à la clé et callumet de la paix. Enfin prêts pour s'élancer.

On laissa les filles entre elles papoter et on fila droit devant avec nos mines d'aventuriers, le pas décidé et dans le regard cette flamme étrange proche du feu follet avant d'affronter ce bouquet de jungle en délire qui croyait nous effrayer.
Ni une ni deux, nous pénétrames dans ce fourbis végétal habite par mille et une créatures issues de la Genèse, ces fameux passagers logeant dans la Haute Forêt et qui, habituellement, hantent notre imaginaire jusque dans nos lits douillets.
Je veux parler, bien sûr, de ces monstres exhibés dans nos zoos et que l'on nomme tigres, pythons, orangoutans, scorpions, migales ou gibbons sans oublier ces célèbres dragons ou lézards géants que l'on appelle varans.
Point impressionnés par cette délirante faune qui vraisemblablement nous attendait, nous foulames le sol de ce domaine inexploré, longeant cette cascade qui à nos côtés dégringolait, sous le regard des piranhas en train d'affuter leurs triples rangées de dents que l'on voyait dans l'eau claire scintiller.
Armés de courage et intrépides comme jamais, nous avancions malgré la présence de ces géantes fleurs carnivores, les rafflesias, qui n'attendaient de nous qu'un faux pas pour nous dévorer.

Stephane marchait devant, un coupe-coupe dans la main droite et une massue à la main gauche, sur ce sentier qui maintenant s'offrait à nos pas.
Moi, je fermais la marche prêt a bondir au moindre bruit sur les épaules de Steh pour me protéger.
Une farouche volonté nous possédait et rien, ce jour-là, n'aurait pu nous arrêter. Un feu sacré nous empêchait de reculer. Nous irions jusqu'au sommet afin de caresser les crêtes de ces géants ficus qui ornent les hautes futaies de cette tropicale jungle emplie de dangers.

Bref, nous avancions toujours dans ce bordel inextricable prêts à vaincre ce que peu d'hommes avaient réussi jusqu'alors.
Il ne nous restait que deux ou trois kilomètres avant d'accéder à ce fameux sommet mais le sentier devenait raide et notre marche lente a cause de ces failles s'ouvrant devant nous.
En fait de sentier, c'était plutôt un étroit tapis de ronces emplie de chausse-trappes et de fosses qui nous faisaient maintenant avancer à pas de fourmi. Tortues que nous devenions, paresseux progressant sur une immense branche encombrée de lianes et d'épineux sans nombre.

Un essaim d'abeilles vint à notre secours afin de hater notre progression vers ces cimes à l'impossible accès. Elles déboulèrent sur nous telle une pluie de météorites et nous dardèrent à qui mieux mieux pour nous donner ce zeste de volonté et de tonus qui nous manquait alors.

Croyez-le si vous voulez, mais cela suffit à nous faire carrément voler et c'est à la vitesse de la lumière que nous déboulames sur les crêtes de ces forêts. Sauf qu'on jugea la chose si facile et l'exploit si commun qu'on decida sans se concerter de courir huit jours encore sans prendre le temps de souffler.
Finalement, nous n'avions vu aucune de ces bêtes féroces qui peuplent les jungles de cette sauvage contrée, seul un bataillon d'abeilles vint à notre portée. Joueuses qu'elle étaient, les belles; si bien que voyant notre enthousiasme à les fêter, elles se prirent d'amitié pour nos pauvres carcasses essoufflées. Pleines de compassion à notre égard, elles vinrent toutes nous embrasser afin de nous faire accéder à ce titre de heros bien merité.

Sauf que pour revenir dans nos foyers, nous hésitions quelque peu ne voulant plus participer à leurs danses effrénées, à leurs fraternelles assemblées. Un peu las nous étions par leur exhubérante gaieté. Non, nous n'avions plus le coeur à jouer.

Pour éviter ces joyeuses noces, ces farandoles enjouées, Steph trouva une ruse digne des plus fins pionniers qui osèrent les premiers entrer dans ces végétales cités.
Elles n'étaient pas folles les guêpes, sur qu'elles nous attendaient sur un sentier qui mène à leurs ruches dans quelques recoins cachés. Elles désiraient vraisemblablement nous faire encore participer à leurs lyriques envolées.
Seule la fumée pouvait d'elles nous délivrer.

Steph se mit donc en quête de branchages pour deux flambeaux confectionner. La, il n'eut pas une riche idée lorqu'il m'en tendit un pour que je l'aide dans cette tache digne d'Ulysse et d'Orphée.
Je refusai, j'insistai de peur de me brûler mais ne put éluder.
Une mouche vint sur mon front se poser et je crus que l'essaim nous avait déjà retrouver. La confusion du moment - je pensai alors que la reine des abeilles m'avait elle-meme focalisé - fit que je perdis ce sang froid qui habituellement me caractérisait. Je vociférais à n'en plus finir agitant mes bras de tout côté et, à grands coups de claques, m'infligeai moi-même une sévère volée, une redoutable peignée.

J'en perdis ce flambeau que Steph m'avait confié et déclenchai un terrible incendie qui mit fin à l'histoire de cette millénaire forêt. Il n'en existe aujourd'hui plus rien et même une racine n'ose se montrer. Un désert que c'est maintenant devenu cette putain de jungle d'Asie.
J'avais cependant triomphé dans ma mission alors confiée: plus une abeille à la ronde, plus une guêpe dans ce paysage désolé. J'avais réussi à rayer dans ce continent ces espèces pourtant protégées.

J'en tirais, je l'avoue, quelques fiertés et plus une de ces putains de bestioles ne viendrait de sitôt la ramener.
La ou Rambo avait lui-même échoué, en vainqueur je m'imposai. Une bonne trouille et une maladresse à la clé avaient fait mieux que tout son arsenal à la con. Une ridicule petite flamme avait produit plus de ravages que tous ses missiles sol-sol, air-air et allez savoir quoi encore. Exit Rambo, John Wayne, Ivanohé... Minables qu'ils étaient.

Evidemment, en revenant, nous ne nous sommes pas vantés de cet exploit inoui, et en voyant pompiers, flics et armée venus nous accueillir, nous avons tout mis sur la gueule de deux touristes Américains qui passaient là, par hasard, et qui n'avaient peut-être jamais franchi la lisière de la forêt.
On te les a balancés avec force détails et mensonges en tous genres. On en a tellement rajouté qu'ils les ont tout de suite embarqués sans même les interroger. Après tous nos dires, comment pouvaient-ils douter?

Une foule énorme était présente pour les insulter, leur cracher dessus, les malmener. C'était pitié.
La télé est même venue nous interviewer pour nous remercier d'avoir ainsi à l'enquête collaboré. Sans nous, jamais les coupables n'auraient été retrouvé. C'était justice que de nous féliciter, que de nous fêter.

Croyez-moi si vous voulez, ils nous ont aussi filé de la tune à la clé. Un chèque qu'ils nous ont signé.
Nous sommes rentrés peinards à la maison et nos femmes, après s'etre longtemps moqués de nos devenirs sans aucunement s'inquiéter, nous ont idolatrés. Elles nous avaient vus à la télé et non peu fières elles étaient.
Dire que l'on était tout deux au bord du divorce, de la séparation. Largués que l'on était preque déjà, sur que l'on allait dans peu se faire jeter, un enfer que l'on vivait.

Et puis non, tout à fini par s'arranger. Ces deux Americains avaient sauvé nos couples en beauté. Ils faudrait tout de même aller les remercier au fond de leur geole. Peut-être que ca les toucherait de nous savoir avec nos femmes reconciliés, enchainés qu'ils étaient les pauvres et tristes comme jamais. Notre visite, c'est sûr, les motiverait et d'apercevoir des visages connus les réjouirait. Nous n'étions plus pour eux des étrangers et, entre Farangs, nous nous devions d'être solidaires. Qui sait, peut-être allions-nous devenir amis? Ca ne m'aurait pas étonner.
Steph et moi, nous n'avions encore aucun copain Américain. C'était l'occasion ou jamais.
Et puis, c'était bien grâce à eux que nous avions trouvé du boulot. On nous a embauchés comme Chefs des pompiers.

Ah! j'ai oublié de vous dire, Bobol m'en a voulu quelque peu. Eh oui, sa barraque avait cramé. Quinze ans qu'il en rêvait d'une maison tout en haut de cette forêt. A peine réalisée, voila qu'elle partait en fumée.
Il m'a cherché longtemps, il parait, armé d'un canon scié. Il aurait ma peau qu'il disait. Mais je me suis bien caché.




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